Bites et privilèges

J’entends souvent qu’à part dans les sociétés « reculées », il n’existe plus de différences de traitement entre femme et homme. C’est complètement faux ! Alors, certes, les législateurs ont fait disparaître la plupart des textes sexistes (il doit en rester, je me fais pas de soucis là-dessus) mais le sexisme n’est pas dans la loi, le sexisme est dans les esprits, dans l’éducation et dans les jugements que portent les personnes. Et ça, la loi n’a aucune emprise dessus. Seule une prise de conscience massive peut mettre fin à ce sexisme. Mais je vais arrêter là mon délire théorique et vous apporter quelques exemples de mes privilèges au quotidien. Voilà déjà un lien avec une liste mieux réalisée que je ne pourrai jamais le faire : The Male Privilege CheckList. Je m’y retrouve entièrement. Pour ceux qui ne comprendrait pas l’anglais, permettez moi d’en expliciter quelques uns.

J’ai le privilège de ne pas être du tout conscient de mes propres privilèges.

      • Si je postule pour un travail et que la personne en compétition contre moi est une femme, je sais que, souvent, la compétition risque d’être faussée en ma faveur.
      • Il est hautement improbable que je sois harcelé sexuellement un jour et encore plus de me faire violer.
      • Si j’ai des enfants et un travail, personne ne me trouvera égoïste si je ne reste pas à la maison (alors que si leur mère en faisait autant…).
      • Quand je m’habille, je n’ai pas besoin de me demander si ma tenue risque d’être jugée provocante
      • Personne ne remettra jamais en cause ma capacité de décision en fonction de la période du mois.
      • De parfaits étrangers ne m’aborderont pas dans la rue pour me dire « Souris ».
      • Si je suis hétérosexuel, il y a très peu de chances que mon épouse ou ma petite amie me frappe un jour.
      • Même si je couche avec beaucoup de femmes, il n’y a aucune chance que je me fasse traiter de salope pour ça.
      • Je peux parler fort sans avoir peur de me faire traiter de mégère. Je peux être agressif sans avoir peur de me faire traiter de salope.

En voici quelques exemples traduits mais il y en a, malheureusement, tellement d’autres. Je vais vous en donner un plus personnel, quelque chose de concret, un privilège dont j’ai profité. J’ai travaillé pendant un moment dans une société de Hotline (vous savez, celle des opérateurs internet). Nous étions nombreux et avions tous des niveaux de compétences différents mais vous n’imaginez pas le nombre de fois où l’on m’a rapporté la scène suivante.

Une technicienne qui décroche l’appel du client, les premiers mots du client sont trop souvent : «Bonjour Mademoiselle, pourrais-je parler à un technicien ?». Dans ce cas, ma collègue répondait qu’elle est elle même technicienne et il y avait deux réactions. Soit le client refusait de continuer avec elle et rappelait jusqu’à avoir un homme (souvent moins compétent que la femme qu’il a eu…) ou il faisait le diagnostic avec elle mais remettait en cause sa crédibilité tout au long de la discussion. Bien sûr, certains hommes n’avaient pas de problèmes avec une femme technicienne, heureusement. Mais c’est encore un préjugé qui a la peau dure. Et, concrètement, où est le privilège pour moi ? Quand le client rappelait et que je l’avais au téléphone, non seulement, je réglais son problème (elle l’aurait fait aussi) mais en plus j’en récupérais les lauriers (primes, félicitations du client).

Je comprends que, quand on appartient à la catégorie privilégiée, comme moi, il soit difficile de réaliser et même tentant de nier l’existence des privilèges dont on profite. Après tout, nous les possédons sans même le savoir, ils ne sont pas gravés dans des textes de lois comme ont pu l’être certains privilèges de la royauté par exemple. Mais, ils en sont d’autant plus puissants et durs à évacuer. Ils sont dans les esprits. Aussi bien dans ceux des privilégiés que dans ceux des discriminés. Ils sont profondément entérinés comme quelque chose de naturel, qui a toujours été là. Cela demande de la réflexion une sérieuse remise en cause de son éducation pour réaliser toutes ces inégalités qui existent encore. J’ai, moi-même, fait une partie du chemin (non sans l’aide de gens dont la parole m’est précieuse). Si ces idées faisaient un peu de chemin dans l’esprit de tous, cela nous permettrait d’entrevoir la disparition de ces privilèges. Et, comme je l’ai déjà dit dans un article précédent, ce serait pas un nivelage par le bas, les privilégiés, comme les opprimés ont à gagner à ce que tout le monde réalise la situation et se mette à se battre pour y mettre un terme. C’est ce que font les féministes, ni plus ni moins que lutter dans les esprits et les faits pour enfin établir l’égalité absolue entre êtres humains.

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18 réflexions sur “Bites et privilèges

  1. Tc dit :

    Pour les items cités, il y a beaucoup de choses qui pourraient être objectée. Si je suis un mec:
    – il y a beaucoup plus de chances qu’un banal conflit entraîne ma mort
    – si je n’ai pas de vie sexuelle, on s’inquiétera fortement pour moi
    – si je n’aime pas picoler comme un trou, je serai rejeté
    – j’ai une espérance de vie inférieure

    Cela ne veut pas dire qu’il ne faut pas lutter contre le sexisme, mais il faudrait aussi être conscient que le  » privilégié » l’est peut être moins qu’on ne cesse de le dire. Lire XY d’Elisabeth Badinter permet de le réaliser.

    • kraackers dit :

      Je te suggère à ce sujet de lire mon article précédent où j’évoque ce fait. Il est certain que le sexisme entraîne aussi des préjudices pour les privilégiés. Cependant, dans notre société, il est actuellement indéniable que les femmes subissent plus de préjudices que les hommes. Mais, c’est certain, tout le monde aurait à gagner à la disparition du sexisme. Hommes comme Femmes pourraient profiter d’une situation d’égalité inédite qui leur ouvrirait la possibilité d’être eux mêmes sans subir de jugements ou de faits juste par rapport à leur sexe ou leur genre. Je t’incite grandement à lire mon article « Lettre ouverte aux machistes » (elle ne leur est pas vraiment adressée ^^), ce sujet y est évoqué dans la conclusion.

    • Leech dit :

      Pardon, mais, est-ce que vous vous rendez compte que vous faites ce qu’on appelle du « white tears » ? En gros, vous venez « pleurer » sur vos petits problèmes alors que 1. le sujet ce n’est pas de parler de vos problèmes (voilà comment gentiment on occulte les problèmes des femmes…) et 2. ces problèmes ne sont rien en comparaison de ceux dont lesquels parle l’article.

      Je vais reprendre point par point.

      – Vous dites qu’il y a plus de chance qu’un banal conflit entraîne la mort d’un homme. Vous avez des chiffres ? Parce qu’en ce qui concerne les femmes, rien qu’en France les violences conjugales concernent 2 millions de femmes. En 2008 : 184 décès. 157 femmes et 27 hommes (dont 11 étaient eux-mêmes violents). Je pense que je ne me trompe pas en disant qu’une femme trouvera plus facilement la mort en se mettant en couple qu’un homme en marchant simplement dans la rue.

      – Et si une femme ne fait pas l’amour c’est une frigide. Et si elle le fait (le premier soir, avec plusieurs partenaires, etc) c’est une salope. Et si elle tombe enceinte c’est une idiote. Et si elle avorte elle est Satan en personne.
      Et vous vous plaignez qu’on « s’inquiète » pour vous ?

      – Cette argument n’en est pas un car cette situation vaut pour tout le monde. Croyez-moi, je sais de quoi je parle…

      – Ceci n’est pas non plus un argument non plus. L’espérance de vie résulte des modes de vies, et statistiquement les hommes ont plus de « comportements à risque » (alcool, cigarette, etc). Et les femmes vont plus souvent chez le médecin. Donc qui est à blâmer dans cet état de fait…?

      Je conclurai en disant qu’avoir des privilèges ce n’est pas quelque chose dont il faut avoir honte. Juste quelque chose dont il faut avoir conscience.

      • Tc dit :

        Je ne suis pas hors sujet puisque le titre du post est « bîtes et privilèges ». Si on ne peut pas parler de la condition masculine, alors on parle de quoi en parlant de privilèges, hein ?
        Pour ce qui est du risque violent en dehors du couple, il est effectivement plus élevé pour les garçons que pour les filles (3,3 contre 2,9), et la différence s’accentue si l’on ne considère que les jeunes. Pour ce qui est des violences sexuelles, elles sont en revanche de plus du double pour les femmes.
        Selon l’ined, toutes causes confondues, les hommes meurent deux fois plus de mort violente que les femmes. Mais je suppose que c’est de leur faute, étant donné le raisonnement que vous tenez. Et ne parlons pas du suicide, mais je suppose qu’il est parfaitement logique que les privilégiés se suicident 3 fois plus que les femmes…
        Je suis désolé de dire que je n’estime pas être privilégié. La société patriarcale
        exerce une oppression aussi sur les hommes.

      • kraackers dit :

        @Tc
        Le sujet du post, celui qui le connaît le mieux est encore son auteur, je pense et vous ne semblez donc pas l’avoir saisi. Ce post parle effectivement des privilèges retirés par les hommes de la société patriarcale actuelle. Vous nous parlez d’hommes qui périraient plus souvent de morts violentes. Ces fameuses morts violentes ne sont elles pas le fait d’autres hommes ? Combien y a t’il d’hommes qui meurent sous les coups de femmes en comparaison de femmes qui meurent sous les coups des hommes ?
        Vous voulez parler chiffres alors il faut les utiliser en respectant les ordres de grandeur et leur signification.
        De plus, vous n’évoquez que deux choses, les violences et le suicide. Il y a tellement d’autres domaines dans lesquelles la société patriarcale actuelle favorise le masculin sur le féminin. Je n’ai fait qu’en égratigner la surface. Le patriarcat oppresse la société entière en s’efforçant de maintenir les femmes un niveau en dessous des hommes. Nous en pâtissons tous. Mais, quand on est un homme, dire qu’on n’est pas privilégié, excusez moi mais c’est tout de même un peu fort. Je suis un homme et je me rends bien compte de ce fait, si j’étais une femme, de nombreuses chose que je fais librement actuellement me seraient inaccessibles ou me vaudrait de nombreuses critiques.
        Alors oui, nous sommes des privilégiés, que vous vouliez l’admettre ou non n’y changera pas grand chose. Je vous demande juste une chose, ayez l’honnêteté de ne pas vous cacher derrière des chiffres qui ne représente qu’une partie d’un bien plus vaste problème, celui d’une société qui impose ses carcans culturels et qui fait souffrir toute personne n’étant pas « idéale » à ses yeux.

      • Leech dit :

        @TC
        « Je suis désolé de dire que je n’estime pas être privilégié. La société patriarcale
        exerce une oppression aussi sur les hommes. »
        En fait, c’est toi sur la photo dans l’article non ? Parce que là tu fais fort dans le déni de privilèges.

      • Tc dit :

        Vous mettez tous les deux le doigt exactement sur le point crucial. Kraaker dit que les violences exercée sur les hommes sont effectuée par des hommes, et donc qu’en quelque sorte, ça ne compte pas dans le bilan de la société patriarcale ? Et devons-nous donc considérer que nous, hommes, avons une sorte de responsabilité individuelle dans ce bilan, et, qu’en quelque sorte, cela est plus grave et plus dénonçable quand il s’agit d’une femme qui meurt sous les coups d’un homme que quand il s’agit d’un homme sous les coups d’un homme ?
        Devotchka quant à elle dit qu’il ne s’agit pas de sexisme. Indéniablement, mais parce que ça n’a pas le nom, ça n’existe pas, et ça ne procède pas de la même culture, qui pousse le garçon vers la violence et la fille vers la douceur ?
        Je crois que nos sociétés occidentales font un effort conséquent vers l’abolition du sexisme institutionnel. Dans les secteurs que je connais, les femmes ont une place de plus en plus importantes, et je ne vois vraiment pas, dans ma sphere professionnel, en quoi un homme est intrinsèquement privilegié.
        En revanche, il y a indéniablement des milieux dans lesquelles les choses n’évoluent pas positivement. C’est là qu’il faut agir, mais croit-on vraiment que c’est en parlant aux hommes de leurs privilèges qu’on arrivera à quelque chose ? En leur imposant une culpabilité pour des actes commis par d’autres ?

      • kraackers dit :

        Pour répondre à la dernière partie de votre commentaire, je pense que pour changer tout ce qu’il y a de sexiste dans notre société, cela passe par une prise de conscience globale. De tout le monde, privilégié ou pas. De plus, qui a parlé de culpabilité ? Ai je donné l’impression de me sentir coupable d’être un privilégié. Non, ce n’est pas ma faute, ce n’est en aucun cas la faute des hommes si ils ont ses privilèges. Comme l’a dit Leech dans sa précédente réponse. Il n’y a pas de honte ou de culpabilité à avoir autour de ces privilèges. Ce n’a jamais été mon intention de culpabiliser ou de montrer du doigt qui que ce soit. Je pose par cette article mon ressenti d’homme sur la société dans laquelle je vis. Je ne reproche pas aux hommes d’être privilégiés, ils n’ont pas vraiment eu le choix au départ. Moi même, il y a encore quelques mois, n’en était même pas conscient. Et ce, jusqu’à être confronté face à face avec ce machisme ordinaire qui corrompt notre société. Et oui, ce machisme ordinaire, je persiste et signe affecte beaucoup plus les personnes de sexe féminin que les personnes de sexe masculin dans notre société. Et ceci, dans une société comme la nôtre m’est tout bonnement insupportable.
        Que quelqu’un subisse quoi que ce soit juste à cause de son sexe ou son genre pour moi est contraire à la direction que doivent prendre nos sociétés modernes. Le sexisme institutionnel que vous mentionnez est une chose tellement marginale comparé au sexisme ordinaire qui sévit encore et toujours un peu partout.
        Alors j’ai envie de dire, tant mieux pour vous si, dans votre environnement, il n’existe pas (et j’en doute) mais croyez moi. De vécu, je peux vous dire qu’être un homme dans notre société est définitivement un privilège.

        Edit : A aucun moment, n’a été établi que les seules personnes qui faisaient preuve de machisme étaient les hommes. Cet article évoque une chose et une seule, les privilèges que retirent les hommes de cette situation. Qu’il n’y ait pas que des avantages pour les hommes est un fait aussi mais il est indéniable que les femmes souffrent beaucoup plus de la situation et que bien souvent, même sans le savoir ou le vouloir, nous, les hommes, en profitons.

  2. Devotchka dit :

    @TC : on parle de la pression qu’exerce le patriarcat sur les femmes. Pas, par exemple, de la pression exercée par la société sur tous en ce qui concerne l’alcool (oui parce que bon moi, en tant que femme, quand je m’assois à un bar à l’heure de l’apéritif et que je commande un coca on me demande si je suis bien sûre de ne pas vouloir un truc qui fait moins gamine, on est tous rejeté sur ce plan là, surtout chez « les jeunes »).

    Personne ne nie les tensions qui peuvent exister entre deux hommes, entre deux femmes, ou entre un homme et une femme dans les cas particuliers. Les chiffres dont tu parles, concernant les morts violentes, est-ce que ça a un vrai rapport avec le sujet ? S’agit-il de sexisme ? Je ne pense pas.

    On ne dit pas « être un homme vous tient à l’écart de toutes les souffrances ». Loin de là. Seulement, être un homme vous expose beaucoup moins au sexisme que si vous étiez une femme. Sur le plan du rapport de force entre les hommes et les femmes, rapports de force orchestrée par la société, les hommes sont privilégiés. Cela ne veut pas dire que les hommes n’ont jamais et ne seront jamais victime de rien, loin de là.

    Les données apportées ici sur l’espérance de vie et les conditions de mort, personne ne les nie, personne ne dit qu’elles sont fausses. Mais elles ne contredisent en rien le fait que les hommes ont le droit à certains privilèges.

    • Tc dit :

      J’ajoute que les chiffres que j’ai choisi étaient là pour faire le pendant à la liste dressée par Kraackers. Et que d’autre part, les femmes sont tout à fait parti prenantes dans la preservation de la société patriarcale. Je lisais une étude l’autre jour qui parlait de la réaction d’un groupe de femme face à un homme timide. Croyez-vous vraiment que les hommes timides sont plus valorisés que les femmes agressives ? Non, et cette oppression est exercée sur les hommes et sur les femmes par les hommes et par les femmes. Le fait que cette oppression n’ait de nom que lorsque l’homme est homosexuel n’implique pas qu’elle n’existe pas.

      • kraackers dit :

        La façon dont est traitée la timidité (et croyez moi, je sais de quoi je parle…) n’est pas affaire de sexisme, les difficultés et les jugements ou moqueries que l’on rencontre quand on est timide sont les mêmes qu’on soit un homme ou une femme. Il n’y a pas de sexisme là dedans, c’est un tout autre problème de société.

      • Tc dit :

        Sans vouloir être péremptoire, c’est absolument faux. Je suis désolé de ne pas pouvoir retrouver l’article auquel je faisais allusion,,mais il montrait de manière évidente qu’un homme sûr de lui était mieux accepté qu’un homme timide et que c’était l’inverse pour les femmes. Naturellement, ca ne veut pas dire qu’une femme timide ne recevra pas de remarque, mais ça veut dire qu’il y a une norme pour l’un et l’autre sexe, et qu’elle n’est pas la même. Vous avez dit qu’une des normes était plus confortable que l’autre (les privilèges), et moi, j’ai essayé de montrer pourquoi ça ne me paraît pas si vrai.

      • kraackers dit :

        Il est très pratique de ne pas pouvoir retrouver un article qui appuierait votre propos, vous ne trouvez pas ?
        Pour rentrer dans votre débat sur la timidité et ce sera la seule fois car, comme je l’ai dit auparavant, je considère que le traitement de la timidité par la société n’est en aucun cas sexiste. Je suis moi même très timide et il m’est arrivé d’en souffrir avec ou sans le regard des autres. Je connais aussi plusieurs filles maladivement timides et je n’ai pas la sensation d’avoir été plus mal considéré qu’elles sur ce sujet. Certaines personnes trouvent en la timidité des autres un sujet de moquerie. Le sexe de la personne n’a strictement rien à voir là dedans. J’ai de plus en plus l’impression qu’il s’agit là de votre part d’une diversion pour éluder le cœur du problème. Focaliser l’attention sur un sujet qui n’a rien à voir pour avoir raison sur ce sujet et décrédibiliser un article qui n’a rien à voir avec ce sujet.
        Le sexisme actuel provoque une quantité importante de privilèges pour les hommes. Que vous ne soyez pas prêt à l’admettre, je le conçois. Mais l’important là dedans est que, par cet article, je ne désigne nul autre coupable que le sexisme. Pas les hommes plus que les femmes. Les responsables de la situation sont les sexistes et ceux qui les laissent agir sans rien dire. C’est pour cette raison que je suis féministe. Parce que, si il n’y a pas une prise de conscience importante, rien ne bougera jamais et les hypothétiques désavantages dont vous vous plaignez ne bougeront pas non plus.

      • Tc dit :

        Vous dites: le point sur la timidité n’a rien a voir avec le sujet et est une diversion. Il me semblait pourtant qu’il n’est qu’une image inversée avec le dernier point de votre liste sur l’agressivité). Je ne vous ai pas demandé vos références pour affirmer qu’une femme agressive est traité de mégère ; ça me semble évident, puisque la norme sociale valorise plus la violence chez l’homme que chez la femme. Si vraiment vous pensez que l’inverse de l’agressivité est aussi bien acceptée chez l’homme que la femme, libre à vous.
        Pour le reste, bien sûr, je suis parfaitement d’accord que le sexisme est condamnable. Je déteste profondément les abrutis qui agressent et interpellent dans la rue, aiment coucher avec une fille, mais détestent les filles qui couchent. Je méprise les gens qui jugent à priori une femme incapable de faire quelque chose sans regarder si elle est capable ou non. Je suis très heureux de voir dans mon milieu que les femmes accèdent de plus en plus souvent aux postes à responsabilité (actuellement, j’ai plus de chef femme que homme).
        Mais si il faut passer par l’identification à cette photo ridicule en guise de prise de conscience, ben non, je continue à penser que ce n’est pas la bonne voie. C’est la voie d’un sexe contre l’autre, ou la voie de l’autofustigeation.

      • kraackers dit :

        Pas la voie d’un sexe contre l’autre, c’est ça que vous ne comprenez pas. C’est pas les hommes contre les femmes. C’est les machistes contre les féministes. Il n’y a pas de sexe dans ce débat. Et admettre que le machisme confère des avantages aux hommes n’est en aucun cas une attaque envers les hommes mais bien une attaque contre les machistes, qu’ils soient hommes ou femmes.
        C’est ce que je répète maintenant depuis hier et si vous ne voulez pas le comprendre, je ne peux plus rien, j’en ai peur.
        Mon article n’a ni vocation à pointer du doigt un sexe ou un autre ni à faire culpabiliser qui que ce soit. J’y fais juste une constatation de la société telle que JE la ressens. Si ce ressenti n’est pas le vôtre, je ne me ferai pas fort de tenter de vous le faire comprendre.
        Si mon point de vue sur la société n’est pas conforme à ce que vous souhaitez lire ou êtes prêt à admettre, c’est votre droit. Pas la peine de venir ici à ce moment avec vos arguments que JE ne considère pas en rapport avec le coeur du problème évoqué par mon article.
        Vous ne vous sentez pas privilégié, vous n’êtes donc pas concerné par mon article, pas la peine d’essayer de le démonter.
        Je ne pense pas vous avoir jeté cet article sous le nez ni obligé à le lire.
        Sur ce, bonne nuit et, vu votre vision des choses, à jamais je l’espère.

  3. Devotchka dit :

    Non mais dire qu’il y a un problème de société dans la gestion des rapports de force entre homme et femme ne veut pas dire que tous les hommes sont coupables et toutes les femmes victimes. Nous ne cherchons à faire culpabiliser personne, juste à ouvrir les yeux des gens sur un problème de société qui pourra les concerner un jour, soit parce qu’ils prendront part active dans le phénomène, soit parce qu’ils en seront spectateur et qu’ils ne réagiront pas.

    De même, je rejoins Kraackers sur le fait que personne n’a dit que seuls les hommes entretenaient le sexisme ordinaire. Nous sommes bel et bien conscient que c’est un problème de SOCIÉTÉ (qui concerne donc tout le monde dans la société) et non un problème créé et entretenu par un seul sexe. Lorsque les féministes (hommes et femmes) parlent ils ne s’adressent pas qu’aux hommes, ils s’adressent à tous. Il serait bon de commencer par comprendre cela afin de ne pas se sentir inutilement culpabilisé.

    On peut avoir conscience du fait qu’on a des privilèges et donc être conscient du fait qu’on risque d’être favorisé face à une femme à un moment donné, et qu’il faudra, à ce moment là, avoir l’esprit assez vif et éclairé pour éventuellement aller contre le sexisme, sans pour autant culpabiliser. C’est pas de votre faute, si on vous favorise. Par contre, c’est de votre faute si vous vous laissez favoriser et que vous niez l’évidence du privilège.

  4. […] qu’il s’agit d’un privilège puisque les femmes n’en bénéficient pas. Quelques exemples sont donnés ici. On peut reprendre cette étude sur la distribution des tâches dans la conversation ; elle […]

  5. karjos dit :

    Juste deux remarques

    => « Si je suis hétérosexuel, il y a très peu de chances que mon épouse ou ma petite amie me frappe un jour. »

    Toutes les statistiques pointent entre 10 et 15% d’hommes victimes de violences conjugales. J’ai été moi-même un homme victime d’une femme en couple pendant assez longtemps. 10-15% c’est une minorité c’est certain. Mais « très peu » me laisse un goût assez amer. J’aurais encore préféré « petite minorité », mais bon je joue sur les mots.

    => Si j’ai des enfants et un travail, personne ne me trouvera égoïste si je ne reste pas à la maison (alors que si leur mère en faisait autant…).

    L’inverse est vrai aussi, quand un homme préfère rester à la maison pour s’occuper des enfants, on le traitera de fainéant ou d’homo. Le problème est du à la représentation que se fait la société de l’homme et de la femme (l’homme ça va travailler et ça s’occupe pas des gosses / la femme ça s’occupe des gosses et si elle veut travailler c’est une égoiste). C’est très destructeur pour les femmes et les hommes qui ont des ambitions différentes.

    A part ça, je suis d’accord.

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